L’examen par magnétoscopie

10.4.4 L’examen magnétoscopique (MT) EN 1290 , EN ISO 3452 2 à 4

Ce cours sur l’examen par magnétoscopie (MT) est la suite du cours sur le ressuage . Le sommaire complet de l’ouvrage dans son état actuel est ici

Sommaire du cours:
  • 1) Principe
  • 2) Visualisation du champ de fuite
  • 3) Techniques de magnétisation des pièces à examiner
  • 4) Mise en œuvre du contrôle
  • 5) Avantages et inconvénients
  • –a) Avantages
  • –b) Inconvénients

Ce procédé permet de mettre en évidence les défauts débouchants ou se situant à faible profondeur.

1) Principe :

Ce procédé de contrôle est basé sur la déformation des spectres magnétiques à la surface des pièces aimantées et provoquées par des hétérogénéités de structure. La déformation des lignes de champ magnétique est mise en évidence par des particules ferromagnétiques jouant le rôle de révélateur.

Seuls, les matériaux ferromagnétiques peuvent être investigués avec ce procédé. Les défauts, pour être décelés doivent déboucher en surface, ce qui conduit à la perturbation maximale du spectre, soit être assez proche de la surface. De toute façon, ils doivent être perpendiculaires aux lignes du champ magnétique. (Les défauts au-delà de 5 mm sont difficilement décelables).
Les pièces devront être démagnétisées à l’issue de l’examen.

La magnétisation requiert généralement des intensités de courant très élevées (jusqu’à 10 000 A). Différents types de témoins permettent de vérifier qu’elle est satisfaisante. Il est plus facile de détecter le défaut, si la plus grande dimension est perpendiculaire aux lignes de force.


Schéma de magnétoscopie
Schéma de magnétoscopie

2) Visualisation du champ de fuite :

La mise en évidence des lignes de force et leurs déformations est réalisée en répandant sur la zone à contrôler, qui est soumise au champ magnétique, des fines particules (1 à 100 µ) d’oxyde de fer (Fe3 04 –
Fe3 O3). Les révélateurs peuvent être appliqués tels quels (révélateur à sec), ou en suspension dans un liquide (Fig 10-10).


Schéma de magnétoscopie
Schéma de magnétoscopie

  • Révélateur à sec : Les particules magnétiques, avec éventuellement un enrobage de couleur pour faciliter la détection, sont projetés à faible vitesse sur la zone à examiner (nuage de poudre). La couleur de la poudre sera choisie en fonction de la couleur de pièce afin d’obtenir le meilleur contraste possible.
  • Révélateur humide : Constitué par une suspension de poudre magnétique dans un liquide tel que l’eau, l’huile ou le pétrole. L’application peut se faire par arrosage ou via un pinceau. La teneur en poudre magnétique varie selon le procédé d’application (5 à 20 g/l). Il faut souvent agiter le liquide pour obtenir l’homogénéité afin de ne pas l’appauvrir en poudre de fer.

3) Techniques de magnétisation des pièces à examiner

Il y a deux grands types de magnétisation :

  • La magnétisation longitudinale : Un champ magnétique longitudinal est provoqué dans le pièce pour rechercher les défauts transversaux. Le champ magnétique peut être créé de différentes façons telles que : – L’induction par solénoïde (Fig 10-11a)
  • L’induction par électro-aimant (Fig 10-11b) => examen Magnétique Flux Leakage (MFL)Un capteur détecte la perturbation du flux créer par l’électro-aimant, la mesure est continue et applicable sur de grandes étendues.
    • Procédure de magnétisation avec le système  » YOKE  » (Fig 10-11 c,d)
    • La magnétisation circulaire ou transversale : Un champ magnétique circulaire est provoqué dans la pièce, pour rechercher des défauts longitudinaux. Le champ magnétique peut être créé de diverses façons
    • Circulation directe de courant d’une extrémité à l’autre de la pièce (Fig 10-12a)
    • Circulation directe du courant localisé par touches de contact (Fig 10-12c)
    • Introduction d’un champ magnétique dans les pièces annulaires dont il est nécessaire de contrôler tant leur surface intérieure qu’extérieure (Fig 10-12b)

    4) Mise en œuvre du contrôle :

    La surface à contrôler doit être brossée. On peut améliorer la visibilité en blanchissant la surface avec une solution de silice fossile dans l’alcool. Une surface rugueuse réduit cependant la sensibilité du contrôle. Dans le cas d’une soudure, un cordon brossé, non meulé, peut être acceptable, surtout si l’on recherche des défauts perpendiculaires aux  » vagues « . L’examen des spectres s’effectue en lumière visible ou en lumière de Wood dans le cas de poudre fluorescente. Après chaque contrôle, il est nécessaire d’éliminer l’aimantation rémanente soit par chauffage des pièces à une température supérieure au point de Curie (775 °C pour le Fe ; 350 °C pour le Ni et 1000 °C pour le Co), soit par effet de cycles d’aimantation d’intensité maximale décroissante.
    Après cet essai, il sera réalisé un PV d’examen magnétoscopique, pratiquement identique à celui du ressuage.


    Matériel de magnétoscopie
    Matériel de magnétoscopie


    Matériel de magnétoscopie
    Matériel de magnétoscopie

    5) Avantages et inconvénients

    a) Avantages
    • Les défauts sous jacents peuvent être détectés de 1 à 2 mm à partir de la surface
    • Examen économique et facile à mettre en œuvre sur chantier, résultats très rapides.
    b) Inconvénients
    • Examen ne s’appliquant qu’à des alliages susceptibles d’être démagnétisés (aciers magnétisables)
    • Délicat à mettre en œuvre pour des pièces de grandes dimensions ou de formes complexes
    • Risque d’amorçage d’arc et d’échauffement des pièces en surface au niveau des contacts électriques
    • Nécessité de démagnétiser et nettoyer les pièces après contrôle
    • Hygiène et sécurité : utilisation de lumière UV, utilisation, stockage et élimination de produits chimiques dont certains sont inflammables.

    Vous pouvez aussi voir le cours sur le ressuage , le cours suivant qui sera consacré à la radiographie . Le sommaire complet de l’ouvrage dans son état actuel est ici